La vie des uns, l'avis des autres

La couture, c’est faire des choses qui ont du sens

Portrait Emilie Ferrand

En début de semaine, Emilie nous racontait dans un premier article consacré à son livre, comment elle avait découvert la couture et ce qui l’avait guidé pendant l’écriture de son livre. Dans cet article nous allons revenir avec elle sur différentes parties de son livre, aussi bien pratiques que techniques, voire philosophiques.

 Emilie, selon vous, que faut-il pour se lancer dans la couture ?

J’en parle dans le livre car il me semble que pour commencer, une machine de base suffit. On peut débuter avec une petite machine à 200 ou 300€ un peu robuste et après on la revend quand on veut aller plus loin et progresser.

D’ailleurs il y a un joli passage dans votre livre, un entretien avec Thierry Bériot* qui parle de l’engouement pour la couture et du très large choix de machines…

C’est vrai que de plus en plus de personnes s’y intéressent, y compris les hommes et les enfants pour certains très jeunes.

En lisant votre livre, on a vraiment l’impression que vous êtes une grande sœur qui nous prend par la main et c’est très rassurant. Je pense par exemple aux petits pictogrammes que vous avez mis dans la partie « Tissus » qui expliquent pour quel type de couture on peut utiliser chaque tissu…

Ça me paraissait important d’apporter ces précisions. Tout au long de l’écriture qui a duré un an, week-end compris, Nicolas a été mon consultant car j’avais besoin de me confronter à quelqu’un qui est extérieur à ça. Cela n’aurait pas fonctionné sans son soutien. Ces petits pictogrammes aideront les lecteurs à choisir le tissu approprié pour chaque création.

J’ai beaucoup apprécié aussi le lexique franco-anglais à la fin de l’ouvrage…

 Il y a beaucoup de gens qui cousent des patrons non traduits et parfois on peut buter sur un terme. Ça m’a pris un temps fou pour trouver la bonne traduction. C’est important, parce que l’on n’a pas toujours une connexion internet pour trouver une traduction. Le livre reste un support privilégié. C’est aussi pour cette raison que j’avais envie que ce livre soit beau.

L’acte de coudre répond peut-être au besoin de retrouver du sens dans ce que l’on porte…

Cette démarche de coudre est très importante. Dans mon livre je parle également du travail d’Amandine Cha-Dessolier pour qui j’ai beaucoup d’admiration. Elle explique aux gens avec beaucoup de pédagogie en quoi la qualité du textile et sa méthode de fabrication est importante.

C’est vrai que les différentes rencontres qui émaillent votre livre apportent des témoignages très intéressants…

Il me semblait important de parler de toute la chaîne qu’il y a derrière la fabrication de tissu et de l’impact environnemental. Pour moi c’est aussi important parce que j’en avais assez de trouver des vêtements mal taillés qui rendent l’âme au bout de deux lavages. Personnellement je n’achète plus de vêtements depuis cinq ans.

Portrait Emilie Pouillot Ferrand professeur de couture à GapC’est pour cette raison que vous avez participé au salon « La grande mercerie » à Paris qui regroupe des marques bio, éthiques, engagées ?

Oui ! Pendant ce salon j’ai animé des ateliers de couture et dédicacé mon livre. Le lieu était très chaleureux et j’y ai fait de très belles rencontres. C’est là bas que j’ai rencontré Michèle Thénot (alias Mithe sur le web qui a participé à la saison 2 de l’émission Cousu Main, ndlr). Elle m’a félicité pour mon livre et ça m’a énormément touchée. Ce salon correspond à mon envie de faire des choses qui ont du sens.

Vous avez donné des cours de couture sur ce salon et c’est désormais ce que vous faites à Gap et dans ses environs ?

Oui, je donne des cours de couture à domicile, que ce soit chez mes clientes ou chez moi. Ils sont adaptés à tous les niveaux, des débutants aux plus avertis. Hier par exemple, j’ai reçu une jeune femme qui est venue de Barcelonnette (à 70 kilomètres de Gap, ndlr). On a passé toute sa machine à coudre en revue, tous les pieds de biche et on a terminé un projet qu’elle avait commencé. J’ai aussi une cliente qui n’a plus envie de coudre toute seule, elle vient pour partager un moment.

Vous avez différentes formules ?

Oui je m’adapte aux besoins de mes clientes. Je peux proposer un atelier où tout le monde fait la même chose, ou accompagner les gens sur un projet qu’ils ont en tête. Dans ce cas il y aura autant de projets que de personnes. C’est ce que fait Cécile* à la maison de la couture à Grenoble.

Vous avez aussi ouvert votre site internet…

Oui, j’ai fait le chemin inverse de nombreuses personnes. J’étais inconnue sur le web mais cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête. J’ai fait faire mon site – Ma polloche – pour accompagner la sortie du livre et ça m’amuse beaucoup. Je marche encore un peu sur des œufs dans ce type de communication mais c’est un bel espace d’expression.

Cette interview a été réalisée pour le compte de la Maison de la couture, 47 rue Thiers à Grenoble.

*propriétaire de la Maison de la couture à Grenoble

Nathalie Delimard© – Crédit photo : Emilie Pouillot-Ferrand

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6 Commentaires

  • Réponse
    Desboutsdenous
    12 avril 2017 at 10 h 15 min

    Une belle interview qui me rappelle d’autres temps ;). Je suis ravie d’en apprendre un peu plus sur la démarche d’emilie que j’ai eu le plaisir de rencontrer il y a peu.

    • Réponse
      Nathalie Delimard
      13 avril 2017 at 11 h 38 min

      Merci de ta fidélité. C’est vrai que la discrète Emilie est une personne qui gagne a être connue 🙂

  • Réponse
    L'Atelier du Second
    13 avril 2017 at 11 h 30 min

    Superbe entretien ! Merci Nathalie et bravo pour cette façon inégalable de poser la bonne question et d’aller chercher la bonne réponse ! Et encore bravo à Emilie pour ce magnifique livre !

    • Réponse
      Nathalie Delimard
      13 avril 2017 at 11 h 39 min

      Merci de ton passage Claire ! Après ces longs mois de silence, le plaisir revient et c’est encore mieux lorsqu’il est partagé 🙂

  • Réponse
    Marie Monier
    20 avril 2017 at 9 h 30 min

    c’est bien agréable de pouvoir lire ce style d’interview. On a presque l’impression d’être en face de la personne. Bravo pour ce livre qui m’a tout l’air très prometteur. Merci Nathalie de cette belle découverte.

    • Réponse
      Nathalie Delimard
      20 avril 2017 at 9 h 46 min

      Merci Marie, c’est en effet comme cela que j’envisage ces interviews. Vous faire découvrir un livre, un univers et essayer de comprendre les valeurs de l’auteur et comment elle envisage et construit son travail.

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