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Tournicote : « j’ai appris à crocheter pour fabriquer les jouets de mes enfants »

Marcellin lapin crocheté création Tournicote

Sandrine aka Tournicote a appris à crocheter pour offrir des cadeaux fait main à ses enfants et fabriquer leurs jouets. De fil en aiguille son travail a intéressé des gens dans le monde entier puis un éditeur. Après deux livres couronnés de succès elle a ouvert sa boutique en ligne sur Etsy. Rencontre

Bonjour Sandrine, on se connaît depuis quasiment le début des blogs, mais pour les personnes qui te découvriraient aujourd’hui, peux-tu brièvement te présenter ?

Je m’appelle donc Sandrine, j’ai trois enfants et j’habite dans le Béarn. Je travaille dans une administration à 80% et j’occupe mon temps libre avec nos enfants, le crochet et ma grande passion : les voyages.

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Fabriquer soi-même les jouets de ses enfants

Au départ, le crochet c’était un moyen de s’évader du quotidien ?

C’était surtout pour fabriquer des jouets à mes enfants. Je cherchais une poupée fait main pour ma fille aînée et j’ai découvert les blogs DIY* : couture, crochet, tricot. J’ai commencé par la couture et j’ai découvert par hasard les amigurumis. J’ai flashé pour le crochet et une dînette. J’ai voulu apprendre pour offrir ça à ma fille quand elle avait 2 ans. C’est comme ça que j’ai commencé. Mon premier ouvrage au crochet était une pomme verte car je voulais crocheter des fruits.

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Miam, des sushis !

Comment as-tu appris à crocheter ?

J’ai appris toute seule, en passant des heures à regarder des vidéos sur Youtube et sur des sites de crochet. Ça m’a quand même pris un mois à réussir à faire les premiers rangs. Je n’y suis pas arrivée tout de suite car je n’avais que le soir pour m’entraîner.

Comment en es-tu venue à créer tes propres modèles d’amigurumis ?

J’en ai eu envie au bout de deux ans, en 2012. Une fois que je me suis sentie assez à l’aise, j’ai eu besoin de ne plus me conformer à des patrons. J’ai d’abord commencé à modifier les patrons que j’aimais puis, une fois que l’on maîtrise les notions, c’est l’inspiration. Je la trouvais dans les livres que je racontais aux enfants, dans les films qu’on regardait ensemble, c’est comme ça que ça venait.

Est-ce que créer les jouets de tes enfants a aussi fait évoluer ta démarche personnelle vers une consommation plus responsable ?

En réalité je me rendais compte que ce n’était pas la peine d’acheter plus de jouets. Jusqu’à l’âge de 7-8 ans, je confectionnais les poupées de ma fille et elle jouait essentiellement à ça. Le fait de savoir faire moi-même ne me donnait pas envie d’acheter à outrance. J’avais envie qu’elle joue avec les jouets que je lui avais fabriqué. Je connaissais ses goûts et j’adaptais vraiment à ce qu’elle aimait.

Et c’était le cas aussi pour ton fils ?

Oui, c’est lui par exemple qui a dessiné Victor (NDLR : l’un des personnages de son premier livre paru aux éditions Eyrolles) et je l’ai réalisé en crochet. Idem pour la dînette. Ça répondait vraiment à leurs envies et leurs besoins. Gédéon aussi, c’est ma fille qui l’a dessiné. Et là, ma petite dernière vient de me dessiner un doudou pour que je le crochète car elle veut le faire voyager comme Marcellin. Ça fait des interactions très sympas avec les enfants, c’est un travail d’équipe.

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Des livres et des collaborations

Viens ensuite l’aventure du livre, que je connais un peu puisque je t’ai accompagné en tant que directrice de collection. Comment as-tu vécu la sortie du livre et cet engouement international ?

Je ne l’ai pas ressenti comme ça. Tu trouves ?

Comme Abracadacraft** était également revendeur du livre, on voyait bien que dès le premier jour, on a reçu des demandes pour savoir si on pouvait l’expédier aux États-Unis, en Espagne, en Italie…

Je pense que c’est mon compte Instagram qui a fait connaître mon travail. Il y avait mon blog, mais sur Instagram il y avait plus d’échanges, le format convient mieux. J’étais aussi contente qu’étonnée. Déjà après que tu m’aies appelé, j’ai hésité la nuit (blanche) et c’est un souvenir qui me marquera toute ma vie. Jamais je n’aurais imaginé que tu m’appellerais pour ça. Ensuite, j’étais très contente de voir que le livre se vendait très bien, qu’il a été réédité plusieurs fois. J’étais vraiment heureuse de voir que le tome 1 puis le tome 2 ont été traduits en coréen tous les deux. Je crois que le hashtag #tournicote compte pas loin de  8000 photos dont de nombreuses venant de comptes à l’étranger.

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Livres de Tournicote traduits en allemand, espagnol, coréen et anglais

 

Avant le livre, tu étais déjà très suivie sur Instagram. Dirais-tu que ce réseau social a changé beaucoup de choses dans ta vie créative?

Il y avait déjà un peu le blog puis Instagram. Le fait que la revue anglaise « Mollie Makes » me commande des créations a aussi joué. Après il y a eu aussi « Simply crochet » et « Passion crochet », « Passion tricot » et un éditeur turc.

Il y a aussi eu des collaborations avec des marques…

DMC, puis « La potion des lutins » qui m’a demandé de créer des fruits et légumes au crochet pour leurs campagnes publicitaires. Je sais qu’ils les apportent avec eux sur des salons et ils sont sur des bocaux pour des compotes et des articles dans les magazines. J’ai créé un modèle pour « designer amigurumi » (un éditeur turc) dans le cadre d’un livre avec 12 modèles internationaux. Ça pousse à se renouveler puisqu’il faut créer des nouveaux modèles. Depuis quelques temps j’ai une collaboration avec Cultura. C’est encourageant de voir que mon travail plait et c’est hyper motivant.

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Aujourd’hui tu as ouvert ta propre boutique virtuelle sur Etsy. Est-ce que c’est pour toi un moyen de mieux maîtriser le temps de la création et les revenus qui en découlent ?

Effectivement je n’ai pas de contraintes. Les délais peuvent être trop serrés dans l’édition. Sur ma boutique je me sens plus autonome même si c’est à double tranchant car ça peut être bien d’avoir une deadline. Aujourd’hui on me demande des tutos pour faire des vêtements pour Marcellin. Je n’anticipe pas assez quand je fais pour la première fois. Je ne suis pas assez organisée pour m’astreindre à faire ça rapidement. Mais c’est vrai qu’une boutique en ligne c’est un moyen de mieux gérer mon temps, avec moins de pression, je ne me rends plus malade. Je suis maître du temps. Ça me convient bien, même s’il y a des frais. J’apprécie les commentaires, ça me permet de valider que mon travail plait.

Comment envisages-tu la suite ?

Pour l’instant je la laisse vivoter, je ne fais pas de marketing. Si je boostais un peu plus, si j’étais plus active sur Instagram, je pourrais interagir plus ce que je ne fais pas par manque de temps.

As-tu encore plein de modèles en tête ? Des collaborations ?

Je n’ai pas de modèles en tête, mais des désirs et des envies. Ça vient comme ça, au feeling. J’ai le doudou de Louise à faire selon ses dessins. J’espère que ça va continuer avec Cultura. Pour l’instant je manque un peu de temps. J’aimerais faire des patrons pour ma boutique Etsy, quelques modèles pour les vendre.

Le rêve absolu serait d’avoir une boutique avec quelques petits articles.

*DIY : do it yourself pour désigner le fait main

** Abracadacraft était un portail communautaire sur le thème du DIY cofondé par l’auteur de ses lignes avec deux associés. Il a fermé en 2017

 

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4 Commentaires

  • Réponse
    Julia
    11 mars 2019 at 16 h 24 min

    Très sympa de lire cet échange avec Sandrine. Elle m’a donné la passion du crochet. La suivre sur Instagram est un plaisir immense, et chacune de ses nouvelles créations est un réussite. Merci à vous 2 !

    • Réponse
      Nathalie Delimard
      20 mars 2019 at 16 h 55 min

      Je crois que Tournicote a montré la voie à de nombreuses personnes, tant ses modèles sont craquants

  • Réponse
    Roxane
    20 mars 2019 at 16 h 50 min

    Très bel échange ! J’ai fait plusieurs modèles des livres, c’est toujours un régal ! J’ai acheté le patron de Marcellin le jour de sa sortie mais il n’est pas encore tombé de mon crochet : pourtant avec 3 voyages à Prague depuis septembre, il aurait eu de quoi se faire photographier !

    • Réponse
      Nathalie Delimard
      20 mars 2019 at 16 h 54 min

      Effectivement, il faudrait vite le terminer. Je suis sûre qu’il trépigne à l’idée de devenir un instagrammeur « voyages »

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